Comparateur LMNP réel vs micro-BIC

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LMNP : réel vs micro-BIC, quel régime choisir ?

En tant que Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP), vous avez le choix entre deux régimes fiscaux pour déclarer vos revenus locatifs : le régime micro-BIC et le régime réel simplifié. Ce choix est déterminant pour l'imposition de vos revenus locatifs et peut représenter une différence de plusieurs milliers d'euros d'impôt par an. Notre comparateur vous aide à déterminer le régime le plus avantageux dans votre situation.

Le statut LMNP concerne les propriétaires qui louent un ou plusieurs logements meublés et dont les recettes locatives annuelles ne dépassent pas 23 000 € ou restent inférieures à 50 % des revenus globaux du foyer fiscal. Au-delà de ces seuils, le loueur est considéré comme professionnel (LMP) et relève d'un régime différent.

Le régime micro-BIC : simplicité avant tout

Le régime micro-BIC (micro-Bénéfices Industriels et Commerciaux) est le régime par défaut pour les LMNP dont les recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 € (seuil 2026). Son fonctionnement est simple :

  • Un abattement forfaitaire de 50 % est appliqué automatiquement sur vos recettes locatives
  • Vous êtes imposé sur les 50 % restants, au barème progressif de l'impôt sur le revenu + prélèvements sociaux (17,2 %)
  • Aucune comptabilité complexe n'est requise : vous déclarez simplement le montant brut de vos loyers

Note : depuis 2024, les locations meublées de tourisme classées bénéficient d'un abattement de 71 % (au lieu de 50 %), mais avec un seuil de recettes abaissé.

Le régime réel : optimisation fiscale maximale

Le régime réel simplifié permet de déduire l'ensemble des charges réelles et l'amortissement du bien :

  • Charges déductibles : intérêts d'emprunt, assurance, taxe foncière, frais de gestion, charges de copropriété, travaux d'entretien, frais comptables...
  • Amortissement du bien : le prix d'acquisition (hors terrain, environ 80-85 % du prix) est amorti sur 20 à 30 ans, soit une déduction annuelle de 3 à 5 % de la valeur du bien
  • Amortissement du mobilier : le mobilier est amorti sur 5 à 10 ans

Le résultat imposable peut être réduit à zéro ou proche de zéro grâce à l'amortissement, permettant de percevoir des loyers quasiment nets d'impôt pendant de nombreuses années. En revanche, ce régime nécessite la tenue d'une comptabilité et le recours à un expert-comptable (coût annuel de 300 à 800 €).

Comparatif des deux régimes

Critère Micro-BIC Régime réel
Abattement / Déductions50 % forfaitaireCharges réelles + amortissement
ComptabilitéAucuneObligatoire (bilan + compte de résultat)
Expert-comptableNon requisFortement recommandé (300-800 €/an)
Seuil de recettes77 700 € maxPas de plafond
AmortissementNonOui (bien + mobilier)
Report de déficitNonOui (sur 10 ans en BIC)
Intéressant si charges< 50 % des loyers> 50 % des loyers

Conseils pour choisir le bon régime

  • Calculez vos charges réelles : listez toutes vos charges (intérêts, assurance, taxe foncière, travaux, frais de gestion) et ajoutez l'amortissement. Si le total dépasse 50 % de vos loyers, le réel est plus avantageux.
  • Pensez à l'amortissement : c'est souvent l'amortissement du bien qui fait basculer la balance en faveur du réel. Un bien à 200 000 € amorti sur 25 ans représente 8 000 €/an de déduction, sans sortie de trésorerie.
  • Intégrez les frais comptables : le coût de l'expert-comptable (300-800 €/an) est lui-même déductible et partiellement compensé par un crédit d'impôt (adhésion à un CGA).
  • Anticipez sur la durée : le régime réel est souvent avantageux les 20 premières années (tant que l'amortissement court). Après, le micro-BIC peut redevenir compétitif.
  • Option et engagement : le choix du régime réel est une option valable 2 ans minimum, reconduite tacitement. Vous pouvez revenir au micro-BIC ensuite si vos conditions changent.

Questions fréquentes

Pour opter pour le régime réel, vous devez envoyer un courrier recommandé à votre service des impôts des entreprises (SIE) avant le 1er février de l'année pour laquelle vous souhaitez que l'option prenne effet. L'option est irrévocable pendant 2 ans, puis reconduite tacitement. Vous pouvez aussi cocher la case correspondante lors de votre déclaration de début d'activité (formulaire P0i). Si vous débutez votre activité en cours d'année, vous pouvez opter immédiatement.

Les principales charges déductibles sont : les intérêts d'emprunt et frais bancaires, l'assurance emprunteur et propriétaire non occupant (PNO), la taxe foncière, les charges de copropriété (part déductible), les frais de gestion et d'agence, les travaux d'entretien et de réparation, les frais comptables, l'assurance loyers impayés, les frais de déplacement liés à la gestion du bien, et la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). Les travaux d'amélioration sont amortissables plutôt que directement déductibles.

L'amortissement se calcule par composants. Le terrain (15-20 % du prix) n'est pas amortissable. Le gros œuvre (50 % du prix hors terrain) s'amortit sur 50 ans, la toiture et l'étanchéité sur 25 ans, les installations techniques (électricité, plomberie) sur 20 ans, et les agencements intérieurs sur 15 ans. En pratique, l'amortissement annuel total représente généralement 3 à 5 % de la valeur du bien (hors terrain). Le mobilier s'amortit séparément sur 5 à 10 ans.

C'est l'un des grands avantages du LMNP : l'amortissement déduit pendant la période de location n'est pas réintégré dans le calcul de la plus-value lors de la revente. La plus-value est calculée sur la base du prix d'acquisition d'origine (et non de la valeur nette comptable). Vous bénéficiez ainsi du régime des plus-values immobilières des particuliers, avec un abattement pour durée de détention aboutissant à une exonération totale au bout de 22 ans (impôt) et 30 ans (prélèvements sociaux).

Oui, les revenus BIC issus de la location meublée sont soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %), en plus de l'impôt sur le revenu au barème progressif. Ces prélèvements s'appliquent au revenu imposable (après abattement de 50 % en micro-BIC, ou après déduction des charges et amortissements en réel). Notre simulateur intègre ces prélèvements dans le calcul de l'impôt estimé.

Le régime réel devient plus avantageux dès que vos charges réelles + amortissement dépassent 50 % de vos loyers annuels (puisque le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 %). Notre simulateur calcule le seuil de bascule, c'est-à-dire le niveau de loyers à partir duquel le réel est plus intéressant avec vos charges actuelles. En pratique, avec l'amortissement du bien, le réel est presque toujours plus avantageux pour les biens récemment acquis.