Le barème progressif de l'impôt sur le revenu 2026

L'impôt sur le revenu en France repose sur un barème progressif : plus vos revenus augmentent, plus le taux d'imposition appliqué à la tranche supérieure est élevé. Ce système garantit une imposition proportionnelle à la capacité contributive de chacun et constitue l'un des piliers de la fiscalité française.

Le barème 2026 (applicable aux revenus perçus en 2024) comporte cinq tranches :

Tranche de revenu imposable (par part) Taux marginal d'imposition
Jusqu'à 11 497 €0 %
De 11 497 € à 29 315 €11 %
De 29 315 € à 83 823 €30 %
De 83 823 € à 180 294 €41 %
Au-delà de 180 294 €45 %

Il est fondamental de comprendre la notion de taux marginal d'imposition (TMI) : seule la fraction de revenu dépassant le seuil d'une tranche est imposée au taux de cette tranche. Ainsi, un contribuable dont le revenu imposable par part est de 35 000 euros ne paie pas 30 % sur la totalité. Il paie 0 % sur les premiers 11 497 euros, 11 % sur la part entre 11 497 et 29 315 euros, puis 30 % uniquement sur la part entre 29 315 et 35 000 euros. Son taux moyen d'imposition est donc bien inférieur à 30 %, et se situe aux alentours de 12,6 %.

Le quotient familial : l'impôt adapté à votre foyer

Le quotient familial est un mécanisme qui adapte l'impôt à la composition du foyer fiscal. Le revenu imposable du foyer est divisé par un nombre de parts qui dépend de la situation familiale :

  • Personne seule (célibataire, divorcé·e, veuf·ve) : 1 part
  • Couple marié ou pacsé : 2 parts
  • 1er et 2e enfant à charge : +0,5 part chacun
  • À partir du 3e enfant : +1 part chacun
  • Parent isolé : +0,5 part supplémentaire

Le barème est appliqué au revenu divisé par le nombre de parts, puis le résultat est multiplié par ce même nombre de parts pour obtenir l'impôt dû. Ce système réduit mécaniquement l'impôt des foyers avec enfants, car il abaisse la tranche marginale d'imposition. Toutefois, l'avantage fiscal du quotient familial est plafonné à 1 759 euros par demi-part supplémentaire (au-delà des deux premières parts du couple), afin de limiter l'avantage pour les foyers les plus aisés.

La décote : un allègement pour les revenus modestes

La décote est un mécanisme de réduction d'impôt conçu pour alléger la charge fiscale des contribuables les plus modestes. Elle s'applique automatiquement lorsque l'impôt brut (avant réductions et crédits d'impôt) est inférieur à un certain seuil.

Pour les revenus 2024 (déclaration 2026), la décote s'applique si l'impôt brut est inférieur à :

  • 1 929 euros pour une personne seule (célibataire, divorcé·e, veuf·ve)
  • 3 191 euros pour un couple soumis à imposition commune

La formule de calcul est la suivante : décote = seuil - (impôt brut × 45,25 %). Concrètement, un célibataire dont l'impôt brut serait de 1 200 euros bénéficierait d'une décote de 1 929 - (1 200 × 45,25 %) = 1 386 euros. Son impôt serait alors ramené à zéro puisque la décote dépasse l'impôt brut. Ce mécanisme crée une transition douce vers l'imposition et évite un effet de seuil brutal.

Du revenu brut au revenu net imposable

Votre revenu imposable ne correspond pas à votre salaire brut. Plusieurs étapes de calcul interviennent avant d'appliquer le barème :

  1. Revenu net imposable : c'est le salaire net après déduction des cotisations sociales, augmenté de la CSG non déductible (2,4 %). Il figure sur votre fiche de paie (ligne « net imposable ») et sur la déclaration pré-remplie envoyée par l'administration fiscale.
  2. Déduction pour frais professionnels : vous avez le choix entre l'abattement forfaitaire de 10 % (appliqué automatiquement, avec un minimum de 504 euros et un plafond de 14 171 euros) et la déduction des frais réels (transports domicile-travail, repas, bureau à domicile, double résidence, etc.). L'option des frais réels n'est avantageuse que si vos dépenses professionnelles justifiées dépassent 10 % de votre revenu net imposable.
  3. Déductions spécifiques : pensions alimentaires versées à un ex-conjoint ou à un enfant majeur, versements sur un PER (Plan Épargne Retraite), déficits fonciers, etc. Ces déductions viennent réduire directement votre revenu imposable.

Le résultat de ces opérations donne votre revenu net imposable, auquel s'applique le barème progressif après division par le nombre de parts fiscales.

Le prélèvement à la source : comment ça fonctionne ?

Depuis janvier 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé directement sur vos revenus chaque mois, grâce au prélèvement à la source. Votre employeur applique un taux transmis par l'administration fiscale sur votre salaire net imposable. Ce taux est actualisé chaque année en septembre, après le traitement de votre déclaration de revenus.

Vous pouvez opter pour un taux individualisé (utile dans un couple avec des écarts de revenus) ou un taux neutre (non personnalisé, basé sur le barème d'un célibataire sans enfant) si vous ne souhaitez pas communiquer votre taux réel à votre employeur. Dans ce dernier cas, une régularisation est effectuée chaque mois auprès de l'administration.

Comment optimiser légalement son impôt sur le revenu

Plusieurs dispositifs légaux permettent de réduire votre impôt sur le revenu :

  • Le Plan Épargne Retraite (PER) : les versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond (10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un minimum de 4 399 euros). Un contribuable dans la tranche à 30 % qui verse 5 000 euros sur son PER économise 1 500 euros d'impôt.
  • Les dons aux associations : ils ouvrent droit à une réduction d'impôt de 66 % du montant donné (dans la limite de 20 % du revenu imposable), voire 75 % pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté (dans la limite de 1 000 euros).
  • L'emploi à domicile : le crédit d'impôt est égal à 50 % des dépenses engagées (ménage, garde d'enfants, soutien scolaire, jardinage, assistance informatique), dans la limite de 12 000 euros par an, majorée de 1 500 euros par enfant à charge.
  • L'investissement locatif : certains dispositifs comme le Pinel (en voie d'extinction) ou le déficit foncier permettent de réduire l'impôt en contrepartie d'un engagement de location sur plusieurs années.
  • La garde d'enfants de moins de 6 ans : un crédit d'impôt de 50 % des dépenses, plafonné à 3 500 euros par enfant, soit une économie maximale de 1 750 euros par enfant.

Pour mesurer l'impact précis de ces optimisations sur votre situation personnelle, rien ne vaut une simulation détaillée intégrant l'ensemble de vos paramètres fiscaux.

Questions fréquentes

Le taux marginal d'imposition (TMI) est le taux applicable à la dernière tranche de revenu atteinte. Le taux moyen correspond au rapport entre l'impôt total payé et le revenu imposable. Par exemple, un célibataire avec 35 000 euros de revenu imposable a une TMI de 30 %, mais son taux moyen est d'environ 12,6 %. Le taux marginal est utile pour évaluer l'impact fiscal d'un revenu supplémentaire, tandis que le taux moyen reflète la pression fiscale globale.

Un parent isolé (célibataire, divorcé ou séparé) élevant seul au moins un enfant bénéficie d'une demi-part supplémentaire au titre de la charge exclusive des enfants. Ainsi, un parent isolé avec un enfant dispose de 2 parts (1 + 0,5 pour l'enfant + 0,5 pour l'isolement). Cette demi-part supplémentaire est plafonnée à 4 149 euros d'avantage fiscal, ce qui est plus généreux que le plafond standard de 1 759 euros par demi-part.

L'option pour les frais réels est avantageuse lorsque vos dépenses professionnelles justifiées dépassent 10 % de votre revenu net imposable. C'est souvent le cas pour les salariés effectuant de longs trajets domicile-travail (indemnités kilométriques), ceux qui supportent des frais de double résidence ou qui engagent des dépenses importantes de formation. Chaque dépense doit être justifiée par des factures en cas de contrôle fiscal.

Oui, vous pouvez modifier votre taux de prélèvement à la source à tout moment via votre espace personnel sur impots.gouv.fr, dans la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». Cette modification est utile en cas de changement significatif de situation : mariage, naissance, variation importante de revenus, nouveau crédit d'impôt. Le nouveau taux est généralement appliqué par votre employeur dans un délai de un à deux mois.

Les versements volontaires sur un PER (Plan Épargne Retraite) sont déductibles du revenu imposable par défaut, dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l'année précédente (minimum 4 399 euros, maximum 35 194 euros pour 2026). Vous pouvez également renoncer à la déduction à l'entrée pour bénéficier d'une fiscalité allégée à la sortie. L'intérêt de la déduction est d'autant plus fort que votre TMI est élevée : un contribuable à 41 % économise 41 centimes par euro versé.

En 2026, la première tranche imposable (à 11 %) commence à 11 497 euros de revenu net imposable par part fiscale, après application de l'abattement de 10 % pour frais professionnels. Cela correspond à un salaire net mensuel d'environ 1 065 euros pour un célibataire. Toutefois, grâce au mécanisme de la décote, l'impôt réellement dû est nul ou très faible pour les contribuables dont le revenu net imposable ne dépasse pas environ 17 000 euros par part.

Calculez votre impôt sur le revenu

Estimez votre impôt en quelques minutes : barème progressif, quotient familial, décote et taux marginal inclus.

Simuler mon impôt sur le revenu